Quand un violoncelle 4/4

se fait tout petit
 

         


D'une pierre deux coups. Réduit à l'essentiel, c'est-à-dire à ses quatre cordes tendues sur une touche, un violoncelle occupe peu de place, mais il n'est guère sonore. Sa voix, néanmoins, devient agréable quand on lui adjoint une caisse de résonance… qui peut aussi servir d'étui pour le transport.
 

 


 Le violoncelle est un instrument de musique remarquable :
    * son timbre - que l'on dit proche la voix humaine - est très expressif ;
    * sa tessiture est très étendue ;
    * son volume sonore est important ;
    * son répertoire est à la fois vaste et varié.
 
Cela dit, quand il s'agit de jouer à domicile ou de l'emporter avec soi, plusieurs de ses caractéristiques sont gênantes :
    * il est encombrant. Sa taille rend difficile, par exemple, les déplacements en taxi, en train, en métro, en autobus.
    * il est bruyant. Ses sons graves, notamment, s'entendent à travers les murs. En jouant chez soi, ou dans une chambre d'hôtel,

 on risque d'incommoder les voisins.
    * il est fragile. Moins on le transporte, moins on lui fait courir de risques.
    * il est précieux, et parfois même très précieux. En le déplaçant beaucoup, on l'expose davantage aux vols.
 
    Bref, dans bien des circonstances on aimerait disposer d'un instrument un peu plus discret tant en ce qui concerne sa voix que ses dimensions.
 
    Certains modèles de voyage – démontables – obligent à détendre les quatre cordes pour faire entrer la touche, le cordier, le chevalet etc. dans sa boîte de transport, et, du même coup, ils obligent à ré-accorder l'instrument chaque fois qu'on l'en sort.
    Pour éviter cet inconvénient, on fait en sorte que la touche, les cordes, le chevalet et le système d'accordage demeurent solidement assemblés les uns aux autres, formant un objet unique, qui n'est autre qu'un violoncelle sinon muet, du moins relativement peu sonore comme le sont les "pochettes" avec lesquels les certains violonistes s'entraînent quand ils souhaitent ne pas déranger leur entourage.
    Pour que cet ensemble soit le moins long possible, on renonce à la volute (purement ornementale), on remplace le système des chevilles par quatre accordeurs de guitare, on modifie le chevalet et l'on supprime le cordier. Ainsi transformé, l'instrument mesure 75 centimètres. Il est difficile de faire plus court, car les cordes vibrantes ont une longueur de 70 centimètres.
    Reste à se procurer, pour cet instrument minimal, un bagage assez grand pour le contenir et assez sonore pour faire office de caisse de résonance.
    Comme par un fait exprès, l'étui d'un violon a les dimensions idéales pour remplir cette double fonction. Un étui en bois datant du siècle dernier, tel qu'on en trouve dans les greniers et les brocantes, fait parfaitement l'affaire, y compris acoustiquement parlant. La transformation principale qu'on lui fait subir consiste à le débarrasser de son capitonnage interne pour que le son des cordes ne soit pas amorti. Moyennant quelques autres aménagements – mineurs –, il constitue à la fois une bonne caisse de résonance et un bagage aux dimensions relativement modestes.
      N'ayant subi que quelques modifications discrètes, il conserve presque intégralement son aspect extérieur, mais, répétons-le, son principal avantage réside en cela qu'à aucun moment les cordes ne sont détendues ni le chevalet déplacé. Le violoncelliste se trouve donc dispensé de ré-accorder son instrument chaque fois qu'il l'a emporté avec lui. Il lui suffit de fixer le coeur du violoncelle sur son étui pour disposer instantanément d'un instrument en ordre de marche.
    Enfin, on peut apprécier, parfois, la surprise qu'on provoque en répondant à un curieux : "non, ce n'est pas un violon ; c'est un violoncelle".






Peu de modifications extérieures. Extérieurement, l'étui a violon conserve son aspect habituel. On remarque toutefois, sur le couvercle, les agrafes de bois qui servent à fixer l'autre partie de l'instrument – laquelle  est d'un seul tenant. Deuxième modificartion : à l'arrière de l'étui, une pièce bois percée attend la pique avec laquelle le violoncelliste ajuste la hauteur de son instrument. Enfin, près de la serrure, une prise jack femelle (3,5 mm) permet éventuellement de brancher un casque stéréo sur un système électronique installé à l'intérieur de la caisse de résonance.


         

  

L'étui est plein comme un oeuf. Une fois l'étui ouvert, on découvre le cœur du violoncelle, ainsi que la pique, deux archets et, dans le cas présent, un micro doté d'une électronique permettant notamment de jouer sur la réverbération.
 
 

 

 


Figure 3 – Dix secondes et le violoncelle est prêt à jouer.
       Il suffit de fixer l'élément qui porte les cordes sur le couvercle de l'étui pour disposer d'un violoncelle.


   

Voilà donc ce que je propose. Je serais content de savoir ce que vous en pensez. Et maintenant, après m'être longuement familiarisé avec les rudiments de la lutherie, il ne me reste plus qu'à apprendre le violoncelle. Je vais me dépêcher de le faire, car je ne suis pas dans ma prime jeunesse.


       

Contact

Jean-Baptiste Comiti
 
Pour me dire ce que vous pensez de ce violoncelle de voyage, n'hésitez pas à me joindre par email : comiti@comiti.com

D'avance merci.

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